Hameau de Solémieux dans le village de Sainte Catherine-sous-Riverie dans les Monts du Lyonnais.

C'est ici que naît Jean-Pierre NÉEL, le 18 Octobre 1832.

Sainte Catherine était, à l'époque, une région essentiellement rurale composée de petites exploitations agricoles.
Enfant, Jean-Pierre NÉEL participe aux multiples travaux de la ferme.

 

 



A droite, la porte de la Chapelle.
La fenêtre de droite, au premier étage, est celle de la chambre où naquit Jean-Pierre NÉEL.

 

 

Dans une région où la foi était très vive,
il semble que Jean-Pierre NÉEL s'orienta très vite vers la vocation religieuse.
Vers 14 ans, il commença à étudier le latin chez le curé d'un village voisin, à l'Aubépin.
En 1850, il fut admis au petit séminaire de Montbrison,
puis en 1853 à celui de l'Argentière.

 

 



Enfin , sa vocation missionnaire s'étant précisée après un bref passage au grand séminaire de Lyon,
Jean-Pierre NÉEL entre au séminaire des Missions Etrangères de Paris.

 





Le 29 Août 1858 Jean-Pierre NÉEL quitte le Séminaire avec11 compagnons.

 

 

Il embarque sur le "Singapoor".

 

 

Jean-Pierre NÉEL est le troisième d’une famille de dix enfants. 

            Pour les parents Jean et Antoinette, deux priorités :
            Le pain quotidien
            L’éducation chrétienne. 

            Chaque Dimanche, Jean NÉEL leur lit la vie des Saints ainsi que les Annales de la Propagation de la Foi : journal des Missions. Ces moments sont-ils à la source de la vocation de Jean Pierre Néel ? Nul ne peut répondre. Par ailleurs on sait peu de chose sur lui si ce n’est qu’il était un enfant silencieux, travailleur et enjoué.

            A dix huit ans il entre au Petit Séminaire de Montbrison puis de l’Argentière en classe de philosophie. Ses écrits sont surtout tournés vers les marques d’attachement à sa famille. Dans le même temps il reçoit à Solémieux des lettres provenant des Missions Etrangères de Paris et écrites …en latin. Dès lors Jean-Pierre sait qu’il va devoir affronter une première épreuve : annoncer à sa famille que sa vocation le destine à devenir missionnaire en Chine. 

            Il entre au Grand Séminaire qui se situait, à ce moment-là, sur les pentes de la Croix Rousse. Mais trois jours après il reçoit une lettre du Supérieur des Missions Etrangères l’invitant à continuer ses études et sa préparation sur place à Paris. Cette nouvelle est si rapide et inattendue que Jean Pierre Néel préférera partir directement sachant qu’une visite d’adieux à Solémieux serait trop déchirante pour ses parents, frères et sœurs et pour lui aussi.

            Les conséquences vont s’avérer difficiles, à tel point que quelques mois après il leur écrira la lettre suivante : « ce qui m’a fait le plus de peine c’est d’apprendre que vous étiez toujours inconsolables en mon absence… Si je vous quitte c’est pour obéir aux paroles de Jésus Christ : celui qui veut me suivre qu’il abandonne son père, sa mère, ses frères et sœurs et qu’il porte sa Croix ». 

A Paris il prend connaissance du monde. Mais sa voix intérieure lui confirme que sa vocation est ailleurs. Il l’exprime dans deux lettres : « ..si j’ai fait de si grands sacrifices ,  si je me suis séparé de vous tous, chers parents que j’aime comme moi-même, si j’abandonne mes amis qui me sont le plus attachés est-ce par une pure impulsion de ma volonté, ne le croyez pas ; tout ce que l’homme fait de bien ici-bas ne vient pas de lui ; j’en suis persuadé, c’est la main du Seigneur qui m’a conduit ici, c’est son esprit qui a soufflé dans mon cœur cette abnégation des choses de ce monde que la nature sacrifie avec tant de peine… ».

De même à l’attention d’un ami :  « …allons tous les deux  sur les traces des apôtres évangéliser les nations infidèles (qui ne professent pas la religion considérée comme vraie). Tu sais que tous ces peuples sont nos frères. Que ni les liens du sang, ni ceux de la nature ne nous arrêtent… Quand même il faudrait sceller de notre sang le témoignage de notre sainte religion, ne craignons point ; le missionnaire ne recule point à la vue du martyre… » 

Au Séminaire des Missions Etrangères il franchit les diverses étapes du sacerdoce. Il est ordonné prêtre le 29 Mai 1858.

Le 23 Juillet suivant il reçoit sa lettre d’affectation : La Province du Kay-Tchéou en Chine.

Avant de partir Jean Pierre Néel envoie cette lettre qui constitue un testament : 

            « Allons mes chères et bien aimées sœurs souvenons-nous bien que la vie de ce monde n’est qu’un pèlerinage, nous devons nous rendre au port de la glorieuse Eternité ». 

Il part de Bordeaux le 29 Août 1858 en compagnie de dix huit missionnaires. Après avoir subi pendant un an à bord d’un voilier la promiscuité, les conditions climatiques, les comportements aléatoires des populations rencontrées lors des escales, il arrive à Hong-Kong le 26 Août 1859. A partir de là il lui restera encore à parcourir les mille kilomètres qui le séparent de sa mission de Kay-Tchéou. Il l’atteindra enfin le 7 Janvier1860. 

Mais cette province est en proie à des conflits internes graves et une insécurité permanente. L’immensité géographique de la Chine rend difficiles les rapports entre ses provinces et sa capitale Pékin.. Les missionnaires, malgré les accords diplomatiques sont considérés comme des ennemis des autorités et du peuple Chinois. Il faut préciser que notre présence coloniale n’a pas toujours été à la hauteur des ses idéaux.

Qu’importe Jean Pierre Néel désormais appelé Père Ouen entreprend  sa mission d’évangélisation. Il opère en deux ans de nombreuses conversions. 

Mais la situation est trop difficile… Le 18 Janvier 1862  il est arrêté malgré la régularité de sa présence attestée par son passeport. A ses compagnons chrétiens il dira :  « Ne craignez point ; suivez-moi jusqu’à la mort. Encore un peu de temps et nous entrerons dans le royaume des cieux ».

Ils furent tous décapités. 

Béatifiés le 2 Mai 1909, Jean Pierre Néel, Martin Wu, Zhang Tianshen, Jean Chen, Lucie Yi  étaient ensemble canonisés le premier Octobre 2000. Ce jour là, en présence de 400.000 personnes de races et de langues différentes rassemblées à Rome devant le tombeau de Saint Pierre, son successeur Jean Paul II, par référence à l’Evangile de Saint Jean (17,17) et au témoignage de tous ces martyrs , commençait ainsi son homélie : 

« Ta parole , Seigneur est vérité ; dans cette vérité consacre-nous »